L'irradiation des aliments

L'irradiation des aliments

Dans un grand nombre de pays à l’échelle de la planète, y compris le Canada, on irradie les aliments pour qu’ils présentent les mêmes bienfaits que ceux qui découlent de l’application de la chaleur, de la réfrigération, de la congélation ou du traitement de produits chimiques. Tout comme l’irradiation, ces procédés détruisent les insectes, les champignons ou les bactéries qui provoquent la détérioration des aliments ou qui mènent à des maladies d’origine alimentaire chez les êtres humains. L’irradiation permet également la conservation des aliments dans de meilleures conditions et pendant des durées prolongées dans la chaîne de distribution et dans les maisons.

La radiation et l'irradiation

La radiation est largement définie comme le déplacement de l’énergie dans l’espace comme ondes invisibles. La lumière, la chaleur infrarouge et les micro-ondes sont toutes des formes d’énergie rayonnante. Cuire sous le gril et rôtir sont des opérations qui utilisent une énergie rayonnante de faible intensité pour cuire les aliments.

La radiation d’intérêt dans la conservation des aliments est le rayonnement ionisant, également connu sous l’appellation « irradiation ». Ces longueurs d’ondes courtes permettent d’endommager les micro-organismes qui contaminent les aliments ou qui en causent l’altération ou la détérioration. Cette capacité, jumelée au fait que de très grandes quantités d’aliments sont détruites chaque année par l’altération et les insectes, est la raison pour laquelle les scientifiques expérimentent depuis 1950 avec l’irradiation comme méthode de conservation des aliments. Leur recherche a montré que l’irradiation est un procédé contrôlé et très prévisible.

L'irradiation des aliments

L’irradiation des aliments est connue comme un processus à froid. Il n’augmente pas de manière importante la température ni ne modifie les caractéristiques physiques ou sensorielles

de la plupart des aliments. Les viandes fraîches ou surgelées peuvent être irradiées sans qu’on n’ait à les cuire.

Durant l’irradiation, les ondes d’énergie perturbent les organismes indésirables, mais ne sont pas conservés dans les aliments et ceux-ci ne deviennent pas radioactifs. L’irradiation est une énergie rayonnante qui disparaît lorsqu’on retire la source d’énergie. Ce résultat est similaire à la cuisson d’aliments dans un four à micro-ondes.

Comme c’est le cas de la pasteurisation thermique du lait, le procédé d’irradiation réduit grandement les bactéries, sans toutefois les éliminer complètement. Les viandes et la volaille irradiées, par exemple, ne sont pas stériles. La réfrigération est toujours requise, mais les aliments transportent une moindre charge de pathogènes et seraient sans danger pendant une période plus longue que ce ne serait le cas chez des viandes et de la volaille non traitées.

Toutes les méthodes connues de transformation des aliments, et même l’entreposage des aliments à température ambiante pendant quelques heures après la récolte, peuvent abaisser le contenu de certains nutriments, notamment les vitamines. À faibles doses d’irradiation, les pertes de nutriments sont soit impossibles à mesurer ou, s’il est possible de les mesurer, sont peu élevées. À des doses supérieures utilisées pour prolonger la durée de conservation ou pour contrôler les bactéries nocives, les pertes nutritionnelles sont moindres (ou sensiblement les mêmes) que celles découlant de la cuisson ou de la congélation.

Le Programme de normes alimentaires mixte de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture et de l'Organisation mondiale de la Santé

À l’échelle internationale, un comité d’experts mixte de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) et de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) sur l’irradiation des aliments a passé en revue la sécurité du procédé d’irradiation des aliments durant les années 1980. Le résultat de cet examen international a appuyé l’adoption, en 1983, d’une norme générale pour les aliments irradiés par le Programme de normes alimentaires mixte FAO/OMS, la Commission du Codex Alimentarius.

La Food and Drug Administration des États-Unis

En 1997, la Food and Drug Administration américaine a conclu que l’irradiation est sans danger pour les viandes et les sous-produits des viandes réfrigérés et surgelés. Le Règlement sur la salubrité des aliments du Canada a accusé encore plus de retard par rapport à celui des États-Unis lorsque, le 30 novembre 2012, la U.S. Food and Drug Administration a élargi l’approbation pour l’utilisation du rayonnement ionisant au traitement « des viandes, des sous-produits des viandes et de certains produits alimentaires carnés non cuits et non réfrigérés (ou réfrigérés et surgelés) pour réduire les niveaux de pathogènes d’origine alimentaire et prolonger la durée de conservation ». La décision de la Food and Drug Administration de permettre l’irradiation des aliments est appuyée par des organisations telles que l’American Dietetic Association et l’American Medical Association.

Santé Canada

 

En 2002, Santé Canada a achevé un examen scientifique complet d’une demande visant à faire approuver l’irradiation de la viande hachée. Cet examen englobait diverses considérations, notamment la dose, l’efficacité, l’odeur, l’apparence, la durée de conservation, la composition, la nutrition et la toxicité. La conclusion de l’examen scientifique a été la suivante : « que l’irradiation des aliments peut améliorer l’innocuité des aliments en éliminant les bactéries vectrices de maladies telles que l’E. coli et la Salmonella » et qu’aucun effet néfaste important attribuable aux autres facteurs n’a été décelé.

L’examen scientifique a mentionné également qu’« un institut canadien important en matière de nutrition » a indiqué « que tous peuvent profiter du choix d’aliments irradiés, mais particulièrement ceux à plus grand risque (p. ex., les personnes dont le système immunitaire est affaibli, comme les greffés et les personnes atteintes de cancer et du VIH/sida, et celles dans les hôpitaux et les établissements de soins de longue durée) ».

La conclusion de l’examen scientifique de 2002 par Santé Canada pour la viande hachée et la volaille n’était pas nouvelle. Au même moment, le Canada avait déjà approuvé l’utilisation de l’irradiation pour les pommes de terre, les oignons, les épices entières ou moulues, les assaisonnements déshydratés, le blé, la farine et la farine de blé entier. L’irradiation pourrait provenir de rayons gamma, de rayons X ou d’électrons.

Le choix des consommateurs

u Canada, le choix des consommateurs est assuré par une exigence du Règlement sur l’emballage et l’étiquetage des produits de consommation selon laquelle les aliments irradiés

doivent  être identifiés sur les étiquettes des produits préemballés et que des écriteaux  doivent accompagner les kiosques en vrac contenant des aliments irradiés. L’étiquette ou l’écriteau doit révéler nettement que l’aliment a été irradié avec à la fois un énoncé écrit (« irradié », « traité par radiation » ou « traité par irradiation ») et le symbole international suivant :

Tout comme pour l’industrie des viandes canadienne, l’Association des consommateurs du Canada est un fervent défenseur de l’habitude de permettre aux consommateurs de choisir s’ils souhaitent ou non acheter des aliments qui comportent les mêmes bienfaits en matière de salubrité des aliments que ceux offerts par l’irradiation. Le principe adopté par l’Association des consommateurs a été renforcé par suite de la publication d’une enquête sur l’irradiation des aliments menée en février 2012 par Opinion publique Angus Reid. Dans le cadre de cette enquête, 66 % des Canadiens disaient appuyer la possibilité de prendre leurs propres décisions quant à l’achat des denrées.

Le moment est venu d'agir

En conclusion, l’irradiation offre une méthodologie établie depuis longtemps, bien documentée, internationalement acceptée et éprouvée de réduction plus poussée de la présence potentielle de pathogènes nocifs dans les viandes. Santé Canada a reçu une validation scientifique de cette technologie en 2002. L’approbation réglementaire de l’irradiation des aliments pour les viandes transformées et la volaille viendrait : réduire les maladies et la souffrance chez les êtres humains; diminuer les dépenses en soins de santé; améliorer la confiance dans le système de salubrité des aliments du Canada; avantager les Canadiens sur le plan économique; et, enfin, offrir aux Canadiens l’occasion de poser un choix individuel, un choix dont les consommateurs américains bénéficient depuis plus d’une douzaine d’années, mais un qui demeure non accessible aux Canadiens.